Le journal de demain

Le journal de demain
Je suis considéré comme un “technobooster” qui adhère rapidement aux nouvelles technologies. Je crois qu’elles nous permettent d’améliorer notre vie et notre travail. Il y a quelques semaines, j’ai animé une conférence dans le cadre du RDV_MÉDIA qui portait sur le transfert des journaux et des magazines vers d’autres formes (Web, tablette et cie). On parle beaucoup de cette transformation technologique à venir. Ces discussions suscitent plusieurs interrogations dans notre industrie: Les lecteurs sont-ils prêts? Quel est le modèle d’affaires? Comment vont réagir les annonceurs?

En début d’année, NewsCorp et Apple lançaient le premier quotidien exclusivement disponible sur le iPad. Résultats? Après seulement quelques mois: peu d’abonnés payants (malgré une longue période d’essai gratuit). Je dois avouer que l’application est un mélange entre un journal, la télévision et le Web. J’ai pu tester The Daily dès le premier jour et ce pour quelques semaines. On se lasse de la navigation dynamique qui devient une source de distraction. Il me semble que je lisais moins d’article et m’amusais plus avec mes doigts… Pourtant j’ai continué de lire mon journal en papier à tous les samedis.

J’adore encore lire ma Presse le samedi. Il y a une relation, un “quelque chose” que je ne peux expliquer. Mais voilà que récemment, j’ai fait la découverte de deux nouvelles applications de type agrégateur de nouvelles qui connait de mieux en mieux mes intérêts. Editions (développée par AOL) et ZITE (compagnie canadienne récemment achetée par CNN) me livrent tous les jours un journal personnalisé composé de mots, de photos et de peu de contenu multimédia. Un journal électronique pas trop gizmo. J’adore, et je suis heureux qu’Editions y intègre des nouvelles et des commentaires du HuffingtonPost (autre propriété d’AOL). Selon moi, ces deux applications sont une menace pour les quotidiens qui cherchent encore l’application idéale. Pourquoi donc tenter d’être si caméléon (journal, web, télé, etc.) alors que le journal du futur doit continuer d’être composé de mots et d’opinions.

Côté annonceurs, l’opportunité de cibler les lecteurs est énorme. Quoi de mieux que de pousser de la pub pertinente pour engendrer une meilleure conversion ou un engagement avec la marque?

Nous devenons de plus en plus paresseux, et ces applications (il y en a d’autres) nous facilitent la vie en fouillant pour nous les nouvelles et les sujets qui nous intéressent. Vais-je délaisser mon journal du samedi? Je ne pense pas… Mais ce que je sais, c’est que je vais moins fouiller sur le Web et lire plus sur mon iPad. Peut-être que je suis maintenant un “technobooster” nostalgique. Néanmoins, c’est la technologie qui nous donne accès à plus de contenu, et ça ne changera pas dans l’avenir. Et mon journal papier? Je ne sais pas.

comments