Le renouveau des commerces de quartier

Lorsque nous avons commencé l’Observatoire, notre groupe s’est rapidement scindé en deux. Ceux qui aimaient magasiner et ceux qui n’y prenaient pas réellement de plaisir. Je me suis facilement positionnée dans le second; se promener des heures durant, après une journée de travail ou pendant la fin de semaine, à travers des rayons de magasins ne me procure clairement aucune joie.

Pourtant après réflexion, je ne peux nier que le fait d’acheter certains biens – que ce soit une nouvelle paire de chaussures, un sac ou un nouveau thé, ou de se faire conseiller une bonne bouteille de vin, quand j’ai un peu de temps devant moi – soit agréable.

Que comprendre de ce petit paradoxe? Quelle est la nuance entre ces deux assertions? Qu’est-ce qui me procure du plaisir dans un achat et qu’est-ce qui me rebute?

Dans mon cas, au-delà du simple fait d’acquérir un nouveau bien –fait qui à lui seul mérite une autre bonne discussion – aller acheter un morceau de fromage à l’épicerie fine du coin de ma rue me :

  •  Donne l’impression de prendre mon temps en me faisant un petit plaisir plutôt que d’acheter parce qu’il faut remplir le frigo
  • Permet de développer un lien avec le gérant et d’avoir des conseils avisés
  •  M’enracine dans la vie de quartier et me donne l’impression d’être « chez moi » quand il me reconnait
  • Fait plaisir (me donne bonne conscience?) de soutenir un commerçant sur lequel je peux mettre un visage
  • Satisfait en tant que consommatrice, car j’obtiens un produit de qualité supérieure que je n’aurai probablement pas obtenu ailleurs.
« Tout ça pour un morceau de fromage? » allez-vous me dire. « Il n’y a bien qu’une Française pour trouver autant de plaisir dans un achat aussi banal! ».

Je pense qu’au-delà d’un simple produit, les consommateurs retrouvent un certain plaisir, voire une certaine fierté, à aller dans des commerces de quartier.  Ils retrouvent un plaisir oublié – depuis une ou deux générations – qui est celui d’acheter dans des petits commerces spécialisés de proximité.

Il y a un plaisir évident à connaître son gérant de quartier et qu’il vous reconnaisse en retour. Ce type d’achat remet l’individu au centre d’un magasinage qui s’est progressivement déshumanisé.

Il est intéressant de noter que la variable prix passe souvent au second rang au profit d’un réel plaisir retrouvé dans l’achat.

Va-t-on assister à un nouvel essor des commerces de proximité en 2025? Seul l’avenir nous le dira; mais à l’Observatoire, on y croit.

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